Favoris

Présentation du cycle de rencontres : Des quartiers en transition

L'IREV vous propose un cycle de rencontres régionales de prospectives sur la thématique "Des quartiers en transition" en 2020 et 2021.

Un cycle sur les transitions ?

Le GIEC, Groupe d’Expert Intergouvernemental pour le Climat chargé « d’expertiser l’information scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de changement climatique provoqué par l’homme » est en place depuis 1988. Rapport après rapport, cet organisme vient consolider les connaissances sur le changement climatique et donne aux gouvernements les clés de compréhension sur ce phénomène pour réussir à l’anticiper et, dans la mesure du possible, pouvoir solutionner certaines de ses conséquences.

La notion de transition écologique est protéiforme puisqu’elle revêt également des aspects économiques et sociaux. L’engagement de cette transition ambitionne une réduction durable de l’empreinte carbone des activités humaines via une évolution des pratiques actuelles. Elle doit être mise en oeuvre rapidement pour que le réchauffement climatique soit le plus limité possible. En effet, les derniers éléments d’étude produits par le GIEC sont alarmistes. Ils rappellent notamment que depuis 2006, les océans montent d’environ 4 millimètres par an, un rythme qui pourrait être multiplié par 100 si les émissions de gaz à effet de serre restent inchangées.

Depuis la COP21 et les accords de Paris en découlant, les gouvernements de l’ensemble de la planète se sont mis d’accord sur un principe : la transition écologique n’est plus considérée comme une option. Le réchauffement climatique est à l’oeuvre, il est irréversible et nous avons le choix entre le laisser s’emballer ou tenter d’infléchir ce phénomène et ses conséquences à la fois directes (perte de biodiversité, sècheresse et diminution de la ressource en eau, composition atmosphérique et qualité de l’air, désertification, montée des océans et augmentation du risque de submersion marine) ou indirectes (nouvelles inégalités, mouvements de population…).

Les engagements pris à Paris en 2015 (1) marquent un tournant puisqu’ils portent une volonté commune de réduction des émissions de gaz à effet de serre ambitieuse s’inscrivant sur le long terme. Toutefois, 5 ans plus tard, les bilans intermédiaires révèlent que la courbe ne prend pas le chemin de la réduction envisagée. Le texte, qui présente une avancée notable en matière de lutte commune contre le réchauffement climatique, se heurte à l’absence de mécanisme de contrôle. Ainsi, pour l’année 2018 certains pays ont vu même leurs émissions de gaz à effet de serre augmenter(2).

Pourtant, la transition appelle de profonds changements de nos modes de vie mais aussi de production et de consommation à toutes les échelles. Elle a ainsi des répercussions économiques et sociales majeures. Les réponses à cette transition peuvent elles-mêmes être vectrices d’inégalités nouvelles. Il est donc légitime de s’interroger sur l’acceptabilité de cette transition en tant que préalable nécessaire auprès de la population. De même que sur les moyens de la rendre intéressante et passionnante, et d’en faire une opportunité pour réduire les inégalités sociales en créant de nouvelles dynamiques et du lien social.

A l’échelle nationale, des avancées notables sont à relever, c’est le cas de la Convention Citoyenne pour le Climat, qui a permis, pour la première fois, à un panel de citoyennes et citoyens de prendre la parole sur la question du réchauffement climatique (3) afin d’établir des propositions transmises directement au pouvoir législatif. Le panel sélectionné a été établi dans le but d’obtenir un échantillon représentatif de la population française. Ainsi, sur un collège de 150 membres, 11 % sont issus des quartiers prioritaires. Le rapport transmis le 20 juillet 2020 s’articule autour de 5 thématiques :

  • Se déplacer ;
  • Consommer ;
  • Se loger ;
  • Produire / travailler ;
  • Se nourrir.

Ces thématiques font directement échos aux sujets qui seront abordés dans le cadre des éléments prospectifs déclinés au sein du présent cycle de rencontres ce qui démontre la prise de conscience et l’actualité dont ils font l’objet.

En complément, il convient de souligner que sur le territoire des Hauts-de-France, certains phénomènes aux perturbations climatiques s’observent déjà (une augmentation des températures, des indices de précipitation supérieurs, une exposition des populations aux risques météo-sensibles plus important, une hausse du niveau de la mer (4) , une augmentation des pics d’ozone) et devraient s’intensifier dans les prochaines années. Un article de la Voix du Nord en 2019 avait d’ailleurs alerté sur la montée des eaux sur le littoral et la conséquence sur la salinisation des sols à moyen terme. Ces impacts locaux fragilisent d’ores et déjà les rapports entre habitants du territoire régional et les espaces qu’ils occupent et amplifient le risque de relégation spatiale qui pèse sur les ménages les plus modestes.

Quelle traduction et quels effets aura le réchauffement climatique sur des quartiers concentrant d’une part une densité de population élevée et d’autre part une précarité plus forte que sur le reste du territoire ? Les quartiers sont-ils préparés à ces changements et à une transition qui semble nécessaire mais dont les conséquences sociales ne sont pas mesurées ? Y a-t-il des thématiques qui, dès maintenant, peuvent poser question, peuvent être interrogées plus que d’autres sur les conséquences de ce réchauffement climatique ? Le logement, les mobilités, l’alimentation, mais aussi sur la zone littorale, la montée des eaux, sont autant de problématiques à inscrire dès à présent dans les projets afin que ceux-ci puissent être durables.

(1) L’accord de Paris fut retenu à la suite de la 21ème Conférence des Parties sur les changements climatiques (COP21) en 2015, l’objectif principal est de contenir la hausse de la température mondiale sous les 2°C
(2) https://www.touteleurope.eu : site de référence sur les questions européennes « Climat : 4 ans après l'accord de Paris, quel bilan pour l'Union européenne ? »

(3) Cette instance a pour mandat la définition d’une série de mesures permettant d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (par rapport à 1990), dans un esprit de justice sociale.
(4) A titre illustratif, à Dunkerque, le rapport de l’observatoire du climat de 2017 indique une hausse du niveau de la mer de 9,5 cm entre 1956 et 2016, soit une vitesse d'élévation de 1,6 cm par décennie

Objectifs des rencontres

  • Donner une vision prospective du réchauffement climatique et permettre de s'y préparer au mieux ;
  • Comprendre comment ces évolutions impactent la stratégie de développement des quartiers politique de la ville, notamment les nouveaux programmes de rénovation urbaine ;
  • Donner des outils pour faire des quartiers prioritaires des territoires d’expérimentation ;
  • Faire des transitions un enjeu fort de la transformation sociale et urbaine des quartiers ;
  • Impliquer les habitants dans les processus des transitions.

Programme prévisionnel

Rencontre 1 : "Le renouvellement urbain à l'épreuve des changements climatiques"

Quelle est la réalité du changement climatique en Hauts-de-France et ses impacts directs et indirects sur les territoires à moyen et long terme. Quels éléments incontournables sont à prendre en compte dès maintenant dans l’élaboration de projets pour y faire face ?

Le vendredi 20 novembre, de 9h30 à 12h30, en visio conférence et en présence de Jean JOUZEL, climatologue.

Programme - RU et changement climatique 201120

Poids : 176.52 Ko
Téléchargement Favoris +

Rencontre 2: " Entre transition agroécologique et évolution des modes de consommation, accompagner les quartiers prioritaires vers l’alimentation durable "

Le réchauffement climatique et la raréfaction des matières premières auront un impact direct sur la manière de produire et consommer. Aujourd’hui les modes d’alimentation notamment doivent être repensés à l’aune de l’anthropocène (impact de l’homme sur les milieux naturels et par conséquent ses ressources alimentaires).

Comment ces données doivent être prises en compte pour garantir aux populations urbaines, souvent vulnérables, un mode de consommation en adéquation avec les engagements mondiaux sur le climat ?

 Le vendredi 19 février 2021 de 9h30 à 12h15, en visio conférence

Programme #2

Poids : 173.02 Ko
Téléchargement Favoris +

Rencontre 3 : "Des matières premières épuisables : comment intégrer l’économie de la circularité dans les quartiers prioritaires"

Consommateurs de foncier et de matières premières, les quartiers prioritaires sont également densément peuplés. Ces deux points viennent interroger la question de leur vocation dans une perspective de raréfaction des matières premières et de la mise en place de boucle de circuits courts dont le renouvellement urbain pourrait être un laboratoire. Le réemploi des matières fait en effet partie des axes forts de la transition.
Quelles sont les ressources disponibles dans les QPV en matière de réemploi, quelles actions et innovations dans ce domaine pour que le NPNRU soit créateur de l’économie de la circularité ?

Le mercredi 30 juin 2021 de 9h30 à 12h00, en visio conférence

Lien vers l'évènement

programme #3

Poids : 528.93 Ko
Téléchargement Favoris +

Rencontre 4: "La place de l’économie / la mutation de l’économie dans l’aménagement de demain"*

La transition impacte tous les domaines, y compris l’économie, notamment sur les enjeux d’énergies vont profondément changer la forme du tissu industriel. Les réponses apportées à la nécessité de mutation de l’économie risquent de rebattre les cartes en matière de formation et de niveau de qualification.
En outre, la numérisation de l’économie et de la société fait partie des enjeux actuels. Les progrès technologiques ouvrent des perspectives de développement mais apportent également leur lot d’insécurité quant à la compétitivité des entreprises et les évolutions du marché de l’emploi ?
Quels mécanismes passés peuvent nous renseigner sur l’avenir du tissu économique ? Comment faire en sorte que les transitions permettent la création d’emplois non délocalisables et durables ? Quelle place pour l’ESS ? De quelle manière valoriser les emplois de service de proximité principalement accessibles aux personnes en précarité ?

Date prévisionnelle : Mars/avril 2021

Plus d'informations à venir

Rencontre 5 : "Des mobilités inclusives pour les déplacements du quotidien"

Du développement du réseau de bus et pistes cyclables aux nouvelles solutions électriques, comment construire des mobilités inclusives pour les habitants des quartiers qui correspondront au mieux à leur besoin ? Comme faire de la mobilité partagée (co-voiturage, véhicule en partage) et les services liés à la mobilité durable (garage solidaire, réparateur vélo) des leviers ?

Rencontre 6 : "Se loger demain : de la précarité énergétique au logement vertueux"

La rénovation du parc de logement et la production d’une nouvelle offre plus performante font parties des enjeux forts relayés par la Convention Citoyenne pour le Climat. Ces ambitions figurent également parmi les priorités du plan de relance. La précarité énergétique est particulièrement prégnante sur le territoire des Hauts France puisqu’elle concerne 1 ménage sur 5 (source : Soliha).
Les opérations qui visent à l’amélioration de l’offre en équipements sur les quartiers du NPNRU sont autant d’opportunités de proposer projets vertueux en termes d’écoconstruction, de performance énergétique de production d’énergie renouvelables.
Quelles réponses peuvent ou doivent être apportées pour améliorer des conditions de vies et promouvoir des démarches de construction innovantes et performantes dans les quartiers prioritaires ?

Rencontre 7 : "Renouveler la ville : reconstruire la ville sur la ville face aux enjeux démographique et de limitation de l’étalement urbain ?"

Décohabitation et démographie en hausse repoussent continuellement les frontières par un phénomène de périurbanisation sur des espaces naturels, agricoles et forestiers.
Une doctrine « zéro artificialisation » a été engagée afin de se doter d’outils d’urbanisme prospectif permettant de limiter réellement la consommation foncière. Cette volonté augmente les effets de pression qui rendent inaccessibles les secteurs périurbains aux ménages modestes.

A ces problématiques, pour lesquelles des réflexions sont déjà engagées, s’ajoutent les effets projetés des perturbations climatiques provoquées par le réchauffement, déplacements de population, et de migrants environnementaux qui risque d’appesantir le phénomène de relégation spatiale ainsi qu’un besoin accru de terres agricoles pour nourrir la planète.
Comment repenser le développement urbain / les façons d’habiter sous le prisme des tendances actuelles (limitation de la consommation des terres agricoles) ainsi que de l’impact démographique du réchauffement climatique et le risque d’augmentation des inégalités territoriales ? Comment concilier la lutte contre l’étalement urbain et la nécessaire dé-densification des quartiers ? De quelle manière mobiliser le potentiel foncier existant et les friches dans des projets d’aménagement d’ensemble ?

Capitalisation

La capitalisation du cycle, avec des références bibliographiques, extraits vidéos, fiches expériences sera mise en place via le webdocumentaire Des quartiers en transition qui évoluera tout au long du cycle pour se qualifier collectivement aux éléments de tranisition rapportée à la Politique d ela ville.