L’Union Européenne, nécessaire pour la politique de la ville ?
C’est dans cette idée-là, que l’Union Sociale pour l’Habitat (USH) a tenté de replacer la question du logement social au centre du débat électoral. Le 15 avril dernier, elle a publié dans son magazine d’information du mouvement HLM un manifeste intitulé “Pour un logement abordable et durable pour tous les citoyens européens”. L’enjeu est de faire de cette préoccupation un des sujets centraux de la prochaine mandature. L’Union Européenne c’est aussi plus de 900 000 habitants sans domicile et une hausse de 19% sur le prix du loyer en une année. La France est tout autant touchée que les autres pays de l’Union.
En effet, comme l’affirme l’article des Echos du 15 mai dernier, la France se trouve “à la croisée des chemins”. Certaines régions se portent relativement bien tandis que d’autres concentrent des difficultés. Ainsi la région des Hauts-de-France est la région bénéficiant le plus de fonds européens en France métropolitaine. Ancien bassin industriel et en partie minier, la région fait face à un chômage persistant, des taux de pauvreté et de pollution élevés. Ces situations stagnantes voire parfois déclinantes, nécessitent des politiques publiques audacieuses. L’article insiste par ailleurs sur le fait que l’Union Européenne ne peut se résoudre à accepter ces “trappes de développement”. La politique de cohésion de l’UE vise à soutenir ces espaces parfois abandonnés et rompre avec des cercles vicieux qui empêchent l’attractivité et la prospérité économique et sociale. Elle dispose notamment de fonds structurels et d’investissements importants pour réduire ces disparités entre régions.
L’Union Européenne, un mirage ?
De surcroît, ces fonds ne sont pas un mirage. Ils sont investis dans le quotidien des européens et notamment des Français. En effet, ce sont bien souvent les autorités régionales qui en ont la charge de gestion et d’optimisation. Cette gestion partagée permet notamment d’être en phase avec les stratégies régionales et locales. Les Echos l’affirme, “la solidarité européenne doit être un levier de prospérité pour tous”.
L’Union Européenne représente un généreux contributeur financier. Lors de la journée de l’Europe le 9 mai dernier, la Voix du Nord a publié un article sur l’importance des fonds européens dans la région. La politique de cohésion dispose d’une enveloppe de 331 milliards d’euros. Voter aux élections, c’est donc prendre en compte ces données financières. D’après le quotidien régional, cet enjeu est par ailleurs décrié par des contradicteurs dénonçant l’obscurité des normes et textes européens. Ces positions occultent généralement les 1.36 milliards d’euros dont disposent les Hauts-de-France, soit 281 euros par habitants, issus des fonds européen de développement régional (FEDER), du fonds social européen (FSE) et du fonds de transition juste (FTJ). Aujourd’hui, selon les mots du Président de la Région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, “Sans l’Europe, il n’y aurait pas de projets”.
C’est aussi dans cette optique que l’USH émet sept propositions, allant d’un Plan Marshall Européen pour la rénovation thermique des logements sociaux, au renforcement de l’investissement en infrastructures sociales.
Ne pas voter le 9 juin prochain, c’est donc choisir de négliger plusieurs milliards d’euros, investis dans le quotidien des Français.
Pour en savoir plus sur les fonds européens de la politique de cohésion : Les fonds européens de la politique de cohésion, panorama en France et Hauts-de-France.
L’Union Européenne, un enjeu pour la politique de cohésion et la démocratie.
Les élections européennes ont difficilement mobilisé les électeurs ces derniers temps. En 2019, le scrutin atteignait difficilement les 50% de participation parmi les inscrits en France. C’est à dire qu’un français sur deux inscrits n’est pas allé voter, et ce n’est pas sans conséquences. Le Parlement est le cœur démocratique de l’Union, ne pas exercer son droit de vote met donc en danger cette dernière.
De plus, la Commission Européenne a émis un rapport sur la cohésion économique, sociale et territoriale insistant sur la nécessité de repenser la stratégie de développement. Par extension, c’est donc la politique de cohésion qui doit être réfléchie de nouveau. La prochaine mandature en aura la responsabilité. Voter signifie donc choisir la future orientation souhaitée. De même, comme l’affirme plus de 1000 acteurs associatifs regroupés derrière le Mouvement Associatif des Hauts-de-France, les corps associatifs et intermédiaires ont un rôle considérable à jouer dans la participation citoyenne. Ils proposent par ailleurs d’inclure les associations dans la définition des priorités de la politique de cohésion de l’UE.
Cohésion et démocratie sont donc étroitement liées, mais finalement que peu mentionnées. Ces associations, aujourd’hui au centre de l’engagement civique, assurent parfois même des services publics : on compte 3.8 millions d'associations en Europe, qui représentent environ 2.9% du PIB de l’Union et les associations permettent l’expression citoyenne et revitalisent la démocratie. Pourtant, elles peuvent être en danger bien que l’Union Européenne soit démocratique.
En effet, les libertés associatives sont parfois menacées au sein même de l’UE. Le monde associatif peut aujourd’hui être la cible des mouvements réactionnaires désireux de contrôler la société civile. C’est pourquoi le Mouvement Associatif prône une consolidation des associations à but non-lucratif afin de les protéger de certaines évolutions législatives.
Aller voter, c’est aussi choisir le respect des droits fondamentaux, des libertés associatives, au cœur des principes démocratiques de la politique de cohésion de l’UE.
Pour en savoir plus sur le Mouvement Associatif :